Julien, baroudeur à temps plein

Julien et son combi, Amérique du Sud
 

« Devenir un baroudeur à temps plein,
sans lendemain, sans attache…
devenir moi-même, tout simplement »

 
Il y a 2 ans et demi, Julien partait faire la traversée du Pacifique en voilier et m’envoyait ce très beau mail qui m’est toujours resté en mémoire :

« Je termine ma deuxième décennie par la traversée en voilier du plus grand océan du monde, le Pacifique. C’est beaucoup plus qu’un voyage. Notre société occidentale est une mécanique bien huilée qui pense avoir toutes les réponses sur tout, et finalement, peut-être malgré elle, décourage ceux qui pensent autrement. Ce voyage sera essentiellement vivre différemment dans des lieux où les gens vivent différemment, donc voir le monde différemment« .

Ce voyage était une parenthèse de 7 mois au milieu de 7 années passées en Nouvelle Calédonie. Depuis, il est revenu en France pour mieux repartir… traverser l’Amérique du Sud au Nord, en solo et en combi.

 
Devenir un baroudeur à temps plein, sans lendemain, sans attache
 

« Je veux comprendre le monde dans lequel nous vivons.
Je veux élargir ma façon de penser
car il y a une part de vérité dans toutes les cultures »

 

Julien a toujours eu l’aventure dans le sang, et ses voyages des 10 dernières années n’ont fait que le conforter dans le choix d’une vie atypique, avec pour maîtres-mots la liberté, la passion, la soif de découverte et la quête d’authenticité.

Il y a 8 ans, il décide de quitter la France pour aller travailler en Nouvelle Calédonie dans la mécanique aéronautique, découvre une terre d’escale pour les marins, achète un voilier sur lequel il décide de vivre amarré, côtoie « ces aventuriers et baroudeurs des mers venant de tout horizon, des jeunes, des vieux, des couples, des solitaires, des riches, des pauvres ».
 

Petit à petit,
se lever le matin
pour aller travailler
n’a plus aucun sens pour lui,
alors il se met à échafauder
son plan de vie :
Partir avec un grand P

 
Pendant son séjour en Nouvelle Calédonie, il découvre la Tasmanie, l’Australie, les îles Pacifique. Après la traversée du Pacifique en voilier (Los Angeles-Nouméa), il prend conscience que le sens de sa vie, c’est d’être sur les routes.

Il rentre en France en 2009, pour mieux préparer le prochain voyage, le plus grand, le plus long : l’Amérique du Sud au Nord, en solo et en combi. Parti il y a 6 mois, il est actuellement en Argentine, avec pour objectif de descendre à la pointe de l’Ushuaïa pour remonter ensuite jusqu’en Alaska.

Sans date de retour, sans contrainte de temps, avec l’envie de s’immerger dans les cultures qu’il rencontre… plus qu’un voyage, une nouvelle vie.

 

« Lorsque ce ne sont plus des semaines ou des mois mais des années,
la vision du voyage change, c’est à ce moment que tout prend son sens
et que tout est possible : LA liberté intérieure et extérieure »

 

Iles Moorea

Je scrute l’horizon, les cartes routières, je vais où le vent me mène

Julien à bord de son combi

 

Je scrute l’horizon,
les cartes routières,
je vais où le vent me mène,
plus de compte à rendre…
Je suis libre, enfin !

 

Julien et son combi en Bolivie

Julien et son combi en Argentine
 

Ton autoportrait en quelques mots ?

Je suis quelqu’un de patient et de décidé. Quand j’ai quelque chose en tête, je ne l’ai pas ailleurs. Je suis dicret et solitaire, je préfère écouter les gens que leur raconter ma vie. Je suis extrêmement rêveur, je peux passer des heures simplement dans ma tête.

Sinon j’aime la tranquillité alors faut pas me faire trop chier car de ce côté là, je ne suis plus du tout patient. Mauvais côté aussi, je suis un peu trop égoïste mais pour faire ce que je fais, il faut l’être car si tu ne penses pas à toi purement et simplement, il est facile d’avoir rapidement des contraintes.


Ton univers : c’est qui, c’est quoi ?

Je suis quelqu’un qui refuse les frontières. Donc un univers très vaste. Mais il est aussi très intérieur. Je suis beaucoup dans ma tête, mais je pense que les deux sont liés.

Depuis que j’ai commencé a voyager, je suis comme connecté à quelque chose et il suffit que je souhaite faire un truc ou changer ma situation, pour que cela se réalise. C’est assez incroyable, au début j’étais vraiment surpris mais maintenant c’est quelque chose qui m’accompagne tout le temps.

Il y a aussi le fait que je vive avec très peu de choses. Alors j’ai développé une sorte d’alchimie avec mon combi car nous ne sommes la plupart du temps que tous les deux. Il est devenu mon univers, car je vis dedans mais c’est aussi lui qui m’emmène où je souhaite, qui fait que je réalise mon rêve. Alors en retour je prends soin de lui, c’est un échange de bons procédés.
 
Traversée de l'Amérique du Sud en solo et en combi


Qu’est-ce qui remplit ton quotidien ?

Très simple, quand je veux bouger alors je roule. Cela peut être de quelques kilomètres à plusieurs centaines, selon mon envie. Quand je ne bouge pas alors j’écris, je travaille mes photos, je peins, je fabriques des colliers, des bracelets. Je peux aussi me balader à pied, visiter, ou ne rien faire.

Mon luxe est de ne pas avoir de contrainte de temps alors si je ne fais pas quelque chose aujourd’hui, je le ferais le lendemain ou le surlendemain.


Qu’est-ce qui t’inspire la beauté ?

La pureté.


Une attitude pour être heureux ?

Simplement le fait d’être en accord avec soi même, d’être entier sans réfléchir à ce que les autres pensent.


Ton moment de bonheur absolu ?

C’est lorsque je prends pleinement conscience de ce que je suis en train de faire. De savoir que je vis mon rêve entièrement sans compromis. Cela m’arrive parfois lorsque j’arrive dans des endroits dont la beauté n’a pas de mot, alors je repense à toutes ces années de patience et de préparation qu’il a fallu pour que j’en sois là. Je suis allé jusqu’au bout malgré toutes les difficultés qu’il y a eu sur le chemin.
 
Julien, baroudeur à plein temps et reporter aventurier


Un remède pour chasser le stress ou la tristesse ?

Facile à dire, plus dur à faire, mais je dirais le lâcher prise. Se laisser aller et arrêter de penser aux choses que l’on ne maîtrise pas.


Le comble de l’élégance selon toi ?

C’est de n’être qu’un reflet dans un miroir.


Ton éthique, tu la places où ?

Je la place là où se trouve la confiance.


Qu’est-ce qui te fait sourire ?

La légèreté de pensée.


Quelle profession, autre que la tienne, aurais-tu aimé pratiquer ?

Reporter aventurier.


La qualité que tu préfères chez un homme ?

Le respect.


Et chez une femme ?

La franchise.


Ta dernière folie ?

Avoir parcouru en 2 jours 1500 kms en train puis en bus et tout ça malade comme un chien pour retrouver une fille que je n’ai connu que pendant 4 jours. Ah l’Amour ! ! !


Des mots qui font écho en toi ?

Liberté, beauté, tranquillité et aussi chanceux.

 

Le luxe d’être soi,
ça signifie quoi pour toi ?
Devenir soi-même
est un luxe car la plupart
des gens préfèrent être
malheureux que de changer
ce qui cloche dans leur vie

 

La peur en est responsable. La peur de changer, la peur de l’inconnu, la peur de perdre. Alors les gens ne pensent plus et laissent couler leur vie. Etre soi-même c’est être en accord avec ce que l’on est. C’est la clef du bonheur.


Si c’était une couleur ?
Le orange

Un son ? Le tonnerre

Une odeur ? Le miel

Un goût ? Le lama

Un film ? « Fight Club »

Un livre ? « Terre de Feu » de Fransisco Coloane

Une musique ? Renaud

Une personne ? Le Che

Une sensation ? Se sentir en danger

Un lieu ? Le désert ou la haute mer car dans ces 2 endroits, on ne peut qu’être soi même.
 
Le luxe d'être soi en Islande
 

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A propos de Céline Boura

Pionnier dans l’âme, visionnaire reconnu dans votre expertise, vous êtes aujourd'hui à un cap majeur de votre développement d'entreprise, à la recherche d’un nouveau souffle et d'une vision grand angle pour mieux asseoir et déployer votre envergure. Fondatrice du Luxe d'être soi depuis 2010 et créatrice de la Haute Couture Cellulaire ©, j'ai à coeur de vous accompagner dans cette démarche avant-gardiste et haut de gamme. Contactez-moi pour savoir comment co-cheminer ensemble !

10 Commentaires

  • Léonor

    Quel dépaysement!!! entre Georges et Julien, on est servi! et pourtant c’est fou à quel point on est « proche » d’eux dans notre quête de bonheur quotidien!
    Julien possède un blog pour voir ses reportages?

    • Léonor

      Euhh pardon! je viens de voir le lien du blog… un peu blonde moi…

      • Céline

        Vous m’avez devancé dans mes propos Léonor 😉
        Le blog de Julien fourmille de récits, photos et vidéos, bonne visite !

  • Sylvie la maman

    Très bel article sur Julien. Je le reconnais bien la. Son caractère : solitaire, égoïste, pas vraiment patient et aimant qu on lui fiche la paix. Par ce que tu as écrit, maintenant je le comprend mieux et je crois qu il a bien raison de vivre comme il le sent puisque c est sa philosophie. J aime ce qu il nous fait vivre au jour le jour : ses rencontres, ses expériences et sa vie de tous les jours en compagnie de « bibi » son combi.
    Très beau reportage sur mon baroudeur de fils, merci beaucoup.

    • Céline

      Merci Sylvie, je suis touchée que mon article ait pu t’aider à mieux le comprendre !

  • Davidikus

    Effectivement, cela fait rêver… Barouder, c’est ce que je voudrais faire. Pas sûr que j’en aurais la capacité, pour le moment je me contente de flâner ! (cf mon blog)

    http://davidikus.blogspot.com/

    Merci pour ce billet qui m’inspire.

  • Alex -KinG SkelA-

    Superbe article sur JuJu, notre baroudeur de l’extrême !
    Très bien conçu dans le style et la mise en forme, rien à dire de plus. BRAVO Céline !

    J’ai eu le plaisir de lire cet article sur mon forum grâce à Sylvie, sa maman, qui nous fait vivre régulièrement ses aventures. Julien vit sa passion et nous le suivons « de près » depuis un moment déjà, surtout moi.

    Bonne route à toi et profite de chaque instant pleinement et intensément… Carpe diem

  • Alex -KinG SkelA-

    Le voyage est toujours aussi captivant… Quelle Aventure !!! Je n’arrive pas à décrocher !

    Merci à Sylvie (sa maman… ma cracou !!) de tenir à jour son topic sur mon forum car je n’ai pas trop le temps d’aller sur son blog pour y laisser des messages d’encouragement. C’est pas bien, je sais, mais je vais essayer de le faire prochainement. Il est important de garder ce lien avec JuJu, et ce malgré la distance… lui qui doit se sentir bien seul par moment dans son long périple.

    MERCI BEAUCOUP Julien pour la dernière vidéo sur la Bolivie qui est magnifique et tellement poignante ! Elle m’a ému aux larmes…

    JuJu, le voyageur au grand coeur !

    Et une pensée pleine d’affection et de tendresse pour Céline… ce ne sont que des mots mais le coeur y est, vraiment.

    Sincèrement, Alex.

  • sybille

    Il me fait penser au héros de « into the Wild ». Un homme a les qualités de ses défauts et vice et versa. Il l’exprime bien quand il parle de patience pour ce qu’il veut et d’impatience pour ce qui l’emmerde. Au bout, il y a l’amour, et moi en plus d’aller chercher ce que l’on est (lui à travers les voyages) et d’enlever les pelures d’oignons qui finissent par sentir mauvais si on n’y prend pas garde (c’est du boulot, ce n’est pas toujours confortable et les manières de le faire sont pour chacun différentes, du moment où l’on décide d’entreprendre un tel voyage, lui l’a matérialisé), j’aime ce trésor là que la vie vient offrir. C’est un être passionnant ton cousin et oui vous avez sans doute le même ADN. Je vous envie parce que je ne sais pas si j’ai le courage d’aller au bout du chemin, quand je dis ça, je veux dire accepter l’autre versant, c’est à dire ce que l’on ne voit pas en terme de difficultés, d’abnégation, de moments beaucoup mins fun… En tous cas, vous faîtes partie de ces êtres qui montrent que c’est possible. et je suis émue par le commentaire de sa maman qui rencontre un peu plus l’homme qu’est son fils. Merci

    • Céline

      Into the wild, exactement… le chemin initiatique vers la liberté ? Mais toute liberté a un prix caché… Merci de ton commentaire Sybille. A bientôt !

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